Il était une fois deux moines et une jeune femme

Soumis par f.salliou le mer 03/08/2022 - 08:38
métaphore-deux-moines

Il était une fois deux moines qui devaient se rendre dans un village bien loin du monastère, à plus d’une demi-journée de marche. Ils partirent tôt le matin afin d’avoir la chance de revenir dans la même journée avant que le soleil ne se couche.

Le premier moine avait une longue expérience et s’était construit autour des traditions séculaires de sa confession, qu’il connaissait sur le bout des doigts.

Le second moine était beaucoup plus jeune en âge et en expérience, mais avait quant à lui l’agilité mentale et intellectuelle de sa jeunesse.

Ils marchaient tous deux côte à côte, principalement en silence. De temps en temps, lorsqu’il le jugeait opportun, le plus vieux des deux brisait le silence et en profitait pour partager avec le novice sa grande connaissance des traditions et quelques-unes de ses observations.

Puis, environ à mi-chemin, il arrivèrent à un endroit où la route était traversée d’une rivière au débit anormalement élevé pour la saison. Une jolie jeune femme qui se trouvait là leur demanda de l’aide pour traverser. Elle craignait de ne pas être capable d’atteindre l’autre rive sans se faire emporter par le fort courant.

Après mûre réflexion, confiant en ses capacités, le plus jeune des deux moines offrit à la jeune femme de monter sur son dos pour qu’il la porte jusque de l’autre côté. Elle accepta avec beaucoup de reconnaissance. Alors, tous trois entreprirent de traverser la rivière, le moine le plus âgé s’accrochant même parfois à la tunique du moine plus jeune pour ne pas perdre l’équilibre.

Et lentement mais sûrement, ils atteignirent l’autre rive sains et saufs. La jeune femme remercia grandement ses deux sauveurs et s’en alla dans sa propre direction, tandis que les deux moines reprenaient le chemin vers leur destination.

Plusieurs heures s’écoulèrent, pendant lesquelles le vieux moine ne dit mot. Il avait arrêté de partager ses enseignements. Le novice remarqua qu’il semblait contrarié et pensa qu’on ne pouvait attribuer son silence qu'à la seule fatigue de la traversée. Mais, en bon apprenti, il décida de respecter ce silence.

Le temps passa, puis, soudain, le moine le plus âgé éclata de colère et s’exclama :

« Comment as-tu pu accepter de porter cette femme sur ton dos pour traverser la rivière ?! Toi qui a fait le serment de ne toucher aucune femme ! »

Il était réellement en colère face au comportement de son jeune acolyte et tout ce temps qu’il avait passé à ruminer n’avait fait qu'amplifier sa colère.

Surpris par les réprimandes de son compagnon de voyage, le jeune moine prit le temps de réfléchir à la situation. Puis, après quelques instants de silence, il lui répondit avec le plus grand respect :

« J’ai déposé cette femme de l’autre côté de la rivière il y a déjà longtemps… se pourrait-il que vous, vous la portiez encore sur votre dos ? »

 

Que retenir de cette histoire ?

1) Nous avons chacun notre représentation de la réalité

Les faits sont les mêmes, mais chaque moine en a une interprétation différente. La rivière était forte, la jeune fille avait besoin d’aide pour traverser, le jeune moine avait les capacités physiques pour l’aider et il a aidé tout le monde à traverser. Ce que le vieux moine retient de cette aventure, c’est que son acolyte a transgressé les règles de leur confession. Pour lui, qui s’est construit autour des traditions de sa foi, c’est impardonnable ! Or, pour l’apprenti, il s’agissait peut-être d’un geste de bienveillance qui s’accorde tout à fait avec les préceptes de sa confession.

Comme le dit l’un des présupposés de la programmation neuro-linguistique : la carte n’est pas le territoire. Et chacun, à partir de la même situation, vit une expérience subjective différente qui dépend notamment de son histoire.

2) Il est important d’exprimer ses émotions

Il est probable que le vieux moine soit irrité dès que le jeune moine propose de prendre la jeune femme sur son dos. Pour autant, il ne l'exprime pas. On peut imaginer l’irritation grandir au fil de la traversée, puis s’amplifier encore pendant la suite du trajet, jusqu’à se muer en colère. Et que cette colère contenue finisse par exploser.

La programmation neuro-linguistique permet de comprendre le cercle vicieux qui se joue ici et donne une clé pour le désamorcer. Nos émotions sont liées à des expériences. Nous ressentons certaines émotions en fonction de ce que nous vivons. Et puisque notre cerveau ne fait pas la différence entre ce qui se passe pour de vrai et ce que l’on imagine, l’intensité de l’émotion peut tout à fait être la même.

Le vieux moine revit en boucle dans sa tête le moment où il a été choqué par l’attitude du jeune moine et dans son corps les émotions qui y sont associées. À force, l’émotion grandit, … jusqu’à exploser. En termes PNL, on dit qu’il fait une boucle entre ses processus internes (ses pensées) et ses états internes (ses émotions). Pour sortir de cette boucle avant l’explosion, il s’agit de manifester un comportement externe. C’est-à-dire, ici, d’exprimer ce qu’il en pense et ce qu’il ressent avant que ça ne prenne une telle ampleur.

En exprimant ses émotions, on évite ainsi l’escalade.

3) On gagne en liberté en laissant le passé dans le passé

Comme l’exprime le jeune moine à la fin de l’histoire, il a déposé la jeune femme il y a longtemps. Littéralement, mais aussi de manière imagée : cette expérience est derrière lui depuis longtemps et il continue son voyage librement et ancré dans le moment présent. Au contraire, le vieux moine a porté le poids de sa colère tout au long du chemin après la traversée. Ce faisant, en revivant la scène dans sa tête et en restant associé aux pensées et à l’émotion qui y sont liées, il reste en quelque sorte bloqué dans le passé. Il manifeste ainsi les métaprogrammes « orientation passé », « dans l’instant » et « associé », pour parler dans le langage de la programmation neuro-linguistique.

Son attention est portée sur les événements du passé plutôt que sur le présent ou le futur et c’est à la lumière de ce que lui apprend le passé qu’il appréhende la réalité.

Il est par ailleurs tout à fait associé à cette expérience du passé, il la revit comme s’il y était et reste dans ce moment-là. On imagine sans mal le jeune moine mieux profiter des beaux paysages sur leur chemin, librement et présent. Il manifeste alors probablement les métaprogrammes « orientation présent », « dans l’instant » et « associé ». Et, franchement, l’expérience du jeune moine n’a-t-elle pas l’air plus agréable que celle du vieux moine ?

 

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