Kevin Creedon est formateur PNL et praticien certifié PNL dans le domaine de la santé. Il travaille principalement avec les personnes qui souffrent de problèmes de santé chroniques et souvent incurables. On a dit à beaucoup de ses patients qu'ils n'avaient plus que quelques mois à vivre, et ils sont toujours en vie aujourd'hui. Etant donné les limitations dans le temps auxquelles il a été confronté, il a appris, ces 14 dernières années, comment avoir le meilleur résultat pour ses patients dans le plus court laps de temps.

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Changement d'état quasi instantané

" Pensez à un problème. " Ces 4 mots sont utilisés de manière répétée au travers de l'enseignement PNL parce que la plupart du temps les techniques PNL sont utilisées de manière prescriptive. Cela signifie que, après les faits, nous pouvons examiner un problème, faire de nouveaux choix et se préparer mentalement à une action plus adéquate dans le futur. Mais que se passe-t-il avec les événements auxquels nous ne sommes pas préparés? Est-il possible de passer alors d'états négatifs à des états plus ressourçants, sans préparation préalable ou déclencheur externe?

Je me rappelle un été où j'ai voyagé de New York à Boston à l'occasion d'un événement familial important. Très tôt un chaud matin d'août, je suis allé chercher la voiture de location que j'avais réservée une semaine auparavant. La personne du bureau m'a dit que, étant donné que certaines voitures n'avaient pas encore été rendues, j'aurais à attendre jusqu'à ce que l'une d'elles rentre ou trouver d'autres arrangements. J'ai finalement pu avoir une voiture deux heures plus tard. J'étais alors dans les embouteillages du matin. Le pire c'est qu'il y avait des travaux sur l'autoroute et que, avec cette chaleur, il y avait une série de voitures surchauffées sur la route. Lorsque j'arrivai finalement à Boston (ayant raté le mariage et la plus grande partie de la réception), j'étais d'une humeur massacrante. Un de mes neveux, qui avait six ans à l'époque, me demanda pourquoi j'étais si grognon. Je lui racontai toute l'histoire: la location de la voiture, le trafic, la chaleur... Alors il me dit "Mais oncle Kevin, à présent tu n'es plus au volant".

Changement d'état instantané! A un moment, je suis de mauvaise humeur et je suis en train de revivre cette matinée éprouvante, l'instant d'après je suis d'humeur radieuse et je m'amuse.

A ce moment, j'ai su que les changements d'état positifs peuvent survenir soudainement, et plus rapidement qu'avec n'importe quelle technique PNL que j'avais étudiée. Mais j'ignorais comment les générer pour moi-même. Ils étaient toujours en réaction à quelque chose d'externe, habituellement à ce que quelqu'un me disait. J'étais très curieux de savoir comment apprendre les mêmes choses pour soi.

Emotions et choix

William Glasser, M.D., dans son livre "Choice Theory" explique bien que les émotions sont des choix - même lorsqu'elles n'y ressemblent pas. Utilisant mon voyage à Boston comme exemple, il dirait que la raison pour laquelle j'étais de mauvaise humeur avec ma famille n'était pas due au fait d'avoir passé la majeure partie de la journée dans le trafic, mais au fait qu'à la réception j'avais choisi de générer de la mauvaise humeur.

Qu'il soit vrai ou pas que les émotions soient des choix, c'est une présupposition très utile. Faisons une petite expérience. Imaginez que vous êtes de mauvaise humeur et étiquetez mentalement votre expérience des 3 manières suivantes:

  • Je suis de mauvaise humeur.
  • Je me sens de mauvaise humeur.
  • Je choisis de me sentir de mauvaise humeur.

Quelles sont les différences pour vous? Laquelle des 3 manières vous donne le plus de liberté (et de responsabilité)?

Lorsque j'étais enseignant de ma première classe de maître-praticien, à la certification, l'un de mes étudiants me dit qu'il venait de résoudre un grand mystère: la majeure partie de mon enseignement tournait autour du fait de reconnaître que nous pouvons choisir comment nous nous sentons. Cela fut une grande révélation pour lui - il avait passé la majeure partie de sa vie à être en colère, pensant qu'il n'avait pas d'autre choix. Il me demanda pourquoi je n'avais pas dit à chacun au début que les émotions peuvent être un choix. "Qui m'aurait cru?" lui répondis-je.

Certaines personnes tentent de supprimer ou de cacher leurs émotions. D'autres les vénèrent, avec l'idée que TOUTES les émotions doivent être complètement exprimées, de préférence en public, pour qu'une émotion soit totale. Je ne pense pas que les émotions doivent être supprimées ou évitées, mais je suis surpris comme souvent ce que je ressens semble avoir été choisi aveuglément, sans envisager plus d'une seule possibilité.

Voici une autre petite expérience pour illustrer la nature éphémère des émotions. Pensez à une petite tâche que vous avez à faire, qui devrait être terminée et qui a été repoussée. Lorsque vous y pensez, quelle émotion ressentez-vous?

"Is there any reason I can't put off deciding how I'll
feel about doing this until after it's done?"

Puis, posez-vous la question: "Y a-t-il une quelconque raison qui m'empêche de décider comment je me sentirai une fois cette tâche accomplie ?" (J'ai appris cette question avec Jeff Bond durant un brainstorming.)

Remarquez ce qui se produit. Dans mon expérience personnelle et avec mes étudiants et patients, si la réponse est négative, l'émotion négative disparaît spontanément et nous accomplissons la tâche que nous avons repoussée.

Les deux techniques suivantes sont des outils destinés à vous aider à choisir vos émotions de manière plus réfléchie. Elles sont si simples et si rapides qu'il est difficile de croire qu'elles fonctionnent jusqu'à ce que vous ayez essayé pour vous-même.

La technique du Nuage

La technique du nuage est particulièrement utile parce que vous pouvez l'appliquer sur vous-même, dans n'importe quel contexte. Et quand elle vous sera devenue familière, cela vous prendra moins de 30 secondes pour choisir un état émotionnel plus ressourçant.

Une de mes clientes voulait retourner à l'école et compléter son éducation mais était inquiète d'échouer à nouveau. Elle était terrifiée à l'idée de poser des questions en classe, et lorsque je lui demandai de s'imaginer en train de poser une question en classe, elle commença à pleurer. Etant donné l'objectif plus large qu'elle voulait atteindre, je n'ai pas voulu passer tout le temps sur ce problème. J'ai eu l'intuition qu'une démonstration claire qu'elle avait le choix de ses émotions serait un bon début à notre travail ensemble.

J'ai commencé à lui expliquer que chacune de ses émotions avait été générée - par elle-même- juste une fraction de seconde avant. Puis je lui ai demandé de se lever et de s'imaginer à nouveau dans une salle de classe; sa posture se raidit, son visage pâlit et sa respiration se bloqua. Je lui demandai d'imaginer ses émotions comme un nuage autour d'elle, et de décrire la couleur, la taille et le mouvement de ce nuage. (Elle le décrivit comme grand, noir et mou). Puis je lui demandais de sortir de cette vision, de s'en éloigner, et de la regarder en se retournant. Je lui dis "A présent nous devons travailler vite car - sans un humain ici pour créer une émotion - le nuage se dispersera vite." Je lui demandai "Etant donné ce que vous voulez dans la grande image, est-ce que cette émotion vous est utile?" Elle répondit "Non, pas du tout.' Je lui demandai "Même si le nuage commence déjà à se disperser, soufflez dessus comme sur une bougie."

A un autre endroit, je lui demandai d'imaginer une matrice pour une émotion différente qui pourrait être plus utile. Elle choisit la confiance. Je lui demandais alors de faire un pas dans la matrice pour déclencher des émotions de confiance comme un nuage autour d'elle, et puis de s'imaginer dans une salle de classe. Elle respira plus facilement, sa posture se détendit et elle put s'imaginer plus facilement en train de poser des questions au professeur. (Elle était également étonnée que cela soit si facile).

C'était un changement étonnant, surtout si l'on considère que cela avait pris moins d'une minute. Mais nous n'avions pas terminé. Je voulais qu'elle ait une expérience plus riche de choix émotionnel. Je l'emmenai à travers trois émotions: humour, curiosité et "une sensation plus vaste que la situation". Chaque nouvelle émotion lui permettait de participer à l'expérience de salle de classe de différentes manières - et plus important, elle a pu s'exercer à évaluer l'influence des différentes émotions et passer de l'une à l'autre rapidement et facilement. Sur base de cela, le travail de stratégie et de croyance qui suivit fut d'une simplicité extrême pour tous les deux.

Utilisez cette technique lorsque vous vous sentez en manque de ressources. Et faites-vous confiance - parfois vous ne serez pas capable de changer votre état aussi facilement. Sachez que, dans ce cas, votre inconscient sait qu'un changement serait non écologique.

Etapes du processus :

1. Imaginez l'émotion que vous ressentez comme un nuage autour de vous. Remarquez sa couleur, sa taille et son mouvement.
2. Sortez du nuage, le laissant là où vous vous teniez. Regardez-le et posez-vous rapidement l'une des questions suivantes :
a) Etant donné l'image plus vaste, est-ce que cette émotion m'est utile ?
b) Etant donné l'image plus vaste, est-ce que cette émotion m'aide à communiquer ?
3. Si l'émotion vous est utile, retournez-y et prenez-la.
4. Si elle ne vous est pas utile, soufflez sur l'émotion - qui s'était dissipée rapidement de toute façon (puisqu'il n'y avait aucun être humain pour la générer) - et passez à l'étape 5.
5. A un autre endroit, choisissez une nouvelle émotion à essayer. Imaginez-la sous forme de cadre qui s'ouvrira dès que vous y pénétrerez. Entrez-y et ressentez cette nouvelle émotion comme un nuage autour de vous : cette émotion vous sert-elle davantage ? Si oui, vous êtes prêt à avancer dans la situation ; si non, sortez et essayez d'autres émotions jusqu'à ce que vous en trouviez une (ou plusieurs) qui rencontre les besoins de la situation.

La technique du Tunnel

J'utilise la technique du tunnel assez souvent lorsque je guide un patient à travers un reimprinting.

J'ai guidé un jour une femme à travers un reimprinting d'abus sexuel lorsqu'elle était une enfant ; le soi plus jeune se sentait coupable de cet événement. Ma patiente associée au soi plus jeune, je lui demandai de noter où elle ressentait le sentiment de culpabilité dans son corps. Elle répondit que c'était comme une lourde chaîne autour de sa gorge. Je lui ai demandé de sortir la sensation à l'extérieur d'elle et de l'imaginer prendre la forme d'une porte. Puis je lui expliquai que, parfois, les émotions doivent être acceptées pour ressentir quelque chose d'autre. Et qu'il y avait une règle pour l'étape suivante qui était que, quoi qu'elle ressentit une fois qu'elle aurait passé la porte, et qu'elle aurait pénétré dans le tunnel derrière cette porte, elle devait avancer pour découvrir ce qu'il y avait de l'autre côté. Elle accepta cette règle, ensuite elle ouvrit la porte et fit un pas en avant. Cela lui prit environ 30 secondes avant de trouver la sortie à l'autre bout. Lorsqu'elle sortit du tunnel, ce qu'elle ressentit alors fut de la rage contre sa mère qui ne l'avait pas protégée. Nous fîmes alors la technique du tunnel avec la rage et lorsqu'elle ressentit cela, elle sortit de l'autre côté dans une émotion qu'elle décrivit comme de la liberté et de la compassion. Comme résultat de ce changement, qui lui prit moins de 2 minutes, les ressources qu'elle choisit pour elle-même et les autres personnes dans le reimprinting furent moins prescriptives et plus génératives.

Il n'est pas possible de prédire ce que vous trouverez au bout du tunnel ; la peur peut se transformer en compassion, la colère en un sentiment de paix et de d'unité. Et chaque fois que j'ai utilisé cette technique, les ressources que les patients choisissaient étaient beaucoup plus créatives et génératives que dans un reimprinting habituel car ils choisissaient des ressources à partir d'un état d'unité plutôt que d'un état de peur ou de douleur.

Utilisez cette technique lorsque vous avez une émotion ancienne qui, d'une position d'observateur externe, semble inappropriée pour la situation - comme dans l'exemple ci-dessus, lorsque le soi plus jeune de ma patiente se sentait coupable de ce qu'un adulte lui avait fait subir.

Etapes du processus :

1. Remarquez où, dans votre corps, vous ressentez l'émotion. Avec vos mains, ôtez cette émotion de votre corps et placez-la en face de vous. Agrandissez l'image jusqu'à ce qu'elle ait la taille et la forme d'une porte.

2. Derrière la porte, il y a un tunnel d'émotion. Dans un moment, vous entrerez dans le tunnel et marcherez jusqu'à ce que vous trouviez ce qu'il y a de l'autre côté. Mais il y a une règle : une fois que vous aurez pénétré dans le tunnel, vous devrez continuer d'avancer.

3. Après avoir accepté cette règle, entrez dans le tunnel, fermez la porte derrière vous, et ressentez l'émotion autour de vous alors que vous avancez jusqu'à ce que vous découvriez la sortie de l'autre côté. (Ceci n'a jamais pris plus de 30 secondes).

4. Traverser l'émotion et sortir de l'autre côté place habituellement une personne dans un état émotionnel très différent. Traverser la culpabilité peut mener à la liberté, traverser la rage peut mener à la compassion, mais comme dans l'exemple plus haut, parfois cela peut mener à d'autres émotions fortes qui ont été annihilées ou cachées. Lorsque cela arrive, traversez cette émotion jusqu'à ce que vous ayez atteint une émotion saine et pleine.

J'utilise les deux techniques telles quelles et aussi à l'intérieur d'un reimprinting ou d'un changement de croyance. Une fois apprise, chaque technique peut être utilisée sans guide, sans préparation préalable et presque partout. Malgré leur simplicité, elles sont naturellement écologiques parce qu'elles placent une personne dans un espace de liberté émotionnelle.

J'aimerais savoir comment vous utiliser ces techniques que vous avez découvertes.

Vous pouvez me joindre sur KevinDWC@aol.com

La Technique du Nuage, ©1994 Kevin Creedon.
La Technique du Tunnel, ©1995 Kevin Creedon.
Traduction : Martine Heinrich pour Ressources

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