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Therapeutic Metaphors traduit par François Olivier InterEditions 2002 IntroductionLes métaphores, histoires, chroniques, anecdotes ou expressions ont - et c'est ce qui les caractérise - la capacité de faire passer un message ou un enseignement sur un point précis. Généralement, une métaphore est définie comme une façon de parler dans laquelle une chose est exprimée en termes d'une autre, jetant par ce rapprochement un nouvel éclairage sur le caractère de ce qui est décrit. Une métaphore est donc une nouvelle représentation de quelque chose. L'objectif de ce livre est de vous apporter un savoir-faire qui vous permettra de formuler et d'utiliser efficacement des métaphores thérapeutiques. 1. Les métaphores thérapeutiques.La métaphore « métaphore »Chaque thérapie ou système de psychologie possède ainsi comme constituant de base un ensemble de métaphores (sous la forme d'un vocabulaire) qui est, pour certains individus, capable de transmettre, à un certain degré, ce à quoi ressemble leur expérience du monde. Les métaphores sont une façon de parler du vécu. En tant qu'être humain, chaque fois qu'on nous présente une information sensorielle, perceptuelle ou cognitive, nous essayons consciemment ou inconsciemment de lui donner un sens. Chacun de nous développe un modèle du monde particulier et unique. Cette notion est essentielle puisque recueillir des informations précises est à la base de toute situation thérapeutique efficace. En comprenant que toute communication est métaphorique et fondée sur notre vécu, nous prenons conscience du fait qu'elle est donc incomplète et que c'est la personne qui écoute qui remplit les trous. La recherche transdérivationnelle.Le processus de recherche dans notre modèle du monde pour donner sens à nos expériences s'appelle le recherche transdérivationnelle. C'est justement ce processus de corrélation entre les entrées sensorielles et le modèle du monde de quelqu'un qui fait des métaphores des agents de changement si puissants. L'objectif des métaphores thérapeutiques est d'initialiser des recherches transdérivationnelles conscientes ou inconscientes qui aideront la personne à trouver d'elle-même les ressources personnelles et le modèle du monde amélioré dont elle a besoin pour gérer la situation face à laquelle elle est confronté. Les métaphores formellesLe requis le plus important pour une métaphore efficace est qu'elle rencontre le client dans son modèle du monde. « Rencontrer le client dans son modèle du monde » veut dire que la métaphore préserve la structure de la situation problématique du client. Le contexte lui-même est secondaire. Les métaphores efficaces.Une métaphore qui répond aux schémas de base requis, à savoir être structurellement équivalente à la situation problématique et proposer une solution viable, peut être non seulement thérapeutiquement efficace mais elle peut aussi être suffisante. Cependant, avec chaque distinction du modèle que vous ajoutez, vous allez augmenter la pertinence, la résolution et la profondeur de vos interventions thérapeutiques. En acquérant la compétence de créer et d'utiliser spontanément des métaphores thérapeutiques, je vous suggère de vous entraîner en n'utilisant que les concepts de base de l'équivalence structurelle. Vous allez découvrir que votre aptitude à créer des métaphores qui correspondent efficacement à la situation problématique de vos clients va rapidement se révéler sans effort et automatique. A ce moment là commencez à ajouter à votre répertoire chacun des niveaux de communication décrits dans ce livre. Avec de l'entraînement, vous allez bientôt être en mesure de réunir toutes les informations nécessaires concernant la situation du client et, avec peu d'effort conscient, d'inventer une métaphore qui lui est structurellement semblable, offre une résolution et inclut tous les autres schémas de communication. 2.Construire votre métaphore.Comme la thérapie en général les métaphores commencent par le problème. Un prérequis important d'une thérapie et d'une métaphore thérapeutique efficaces est donc que les objectifs du client soient bien formulés, c'est à dire sur lesquels le client exerce un certain contrôle. L'isomorphismeLe problème et la métaphore doivent avoir des représentations équivalentes, donc qui maintiennent les mêmes relations entre les paramètres autant dans la métaphore que dans la situation existante. L'isomorphisme est la préservation métaphorique des relations qui se produisent dans la situation problématique réelle. Le contexte n'est pas une contrainte tant que les relations et l'ordre de la situation réelle sont préservées. Le dénouementLe dénouement est la solution métaphorique au problème. La plupart du temps, le client va déterminer lui-même sa solution. Il faut intégrer une stratégie qui fera le pont entre le problème et le dénouement désiré. La stratégie de raccordement.Il s'agit de construire une sorte de pont expérientiel (comportemental) entre la situation problématique et le dénouement désiré. La fonction de la stratégie de raccordement est de permettre à un individu de sortir d'une situation récursive pour être libre de choisir. Il existe deux phénomènes, l'un lié au problème : la calibration, l'autre lié à la solution : la recalibration. La calibration consiste en un ensemble répétitif de vécus non voulus, d' « ingrédients » dans de bonnes proportions. La recalibration (qui la fonction de la stratégie de raccordement) implique de permettre au client de prendre conscience du fait que les événements prennent des dimensions telles qu'ils deviennent problématiques, et de lui fournir un moyen de les redimensionner. Le recadrageUn composant essentiel de la résolution de la métaphore est le recadrage. Le processus complet de formulation d'une métaphore de base est : A. Récolter de l'information
B. Construire la métaphore
C.Raconter la métaphore
La communication a deux composantes : le contenu et le style. Le contenu consiste en l'information, et le style est la façon dont le contenu est transmis. Pour analyser les patterns de style, il y a notamment : les catégories de Virginia Satir.
De ces cinq catégories, seul le niveleur a une chance de guérir les ruptures, de briser les impasses ou de construire des ponts entre les gens. Les catégories de V Satir et la thérapie.La plainte de la personne fonctionne comme une polarité entre ce qu'elle vit et ce qu'elle veut vivre. Chacune des parties sera associée avec profit à une catégorie de V Satir. Une façon très directe de déterminer la catégorie satirienne associée au vécu d'une partie donnée est de demander simplement : « Qu'est ce que vous avez conscience de ressentir quand vous dîtes cela ? » La réponse fournit l'information, par exemple : « désemparé (lénifiant) », « en colère (accusateur) », « rien (ordinateur) », « quoi? (évaporé) ». Le premier bénéfice retiré de ces catégories est qu'elles rendent l'histoire plus significative pour le client. Le deuxième bénéfice est de nourrir le processus de changement. Les individus ne résolvent pas leur problème parce qu'ils ne savent pas comment s'y prendre. Donc il y a une difficulté de style de communication et non de contenu. L'aide apportée passera par un changement de catégorie. Les catégories de V Satir dans les métaphores.En plus d'enrichir la métaphore, les catégories de V Satir peuvent être utilisées pour effectuer des changements à un niveau autre que celui de l'histoire de base. Pour incorporer les changements de positions satiriennes au sein d'une métaphore, il faut premièrement caractériser chacun des protagonistes de l'histoire avec les termes des modes de communication employés par leurs contreparties dans la situation « réelle », puis deuxièment faire en sorte que les changements qui se produisent dans la résolution reposent sur des changements appropriés de catégories. Une fois que sont précisées les positions satiriennes des personnes ou des parties siginficatives du problème, que la stratégie est spécifiée pour les changements de mode, il suffit d'indiquer simplement dans la description des personnages ou des actions. 4. Intégrer les systèmes de représentations.Le système VAKOG est le système de représentation par lequel nous codons nos expériences. Les gens ont une tendance à privilégier un des systèmes de représentation comme moyen de se représenter consciemment la plupart de leurs expériences. Les systèmes de représentations et la thérapieIl y a plusieurs avantages à pouvoir distinguer et utiliser les systèmes de représentation. Le premier est d'approfondir le climat de confiance entre le thérapeute et le client et de donner plus de portée à leur communication. Le deuxième avantage est directement en rapport avec les métaphores thérapeutiques. Une fois que vous savez comment votre client représente généralement l'information, vous pouvez accroître l'adhésion de votre client à votre histoire et faciliter sa compréhension. Le troisième avantage est de passer de l'accord au guidage en changeant de système de représentation (registre VAKOG) ce qui va entraîner des changements thérapeutiques. Les systèmes de représentation dans les métaphores.Une façon puissante d'aider à communiquer deux individus opérant à partir de deux systèmes de représentation différents est de les amener à partager un de ceux déjà utilisés, ou de les faire aller vers un troisième jusqu'alors inexploré. Il en va de même dans les métaphores. Lorsque les personnes significatives sont des « parties » du client, le système de représentation de chacune sera évident à travers les prédicats employés par le client pour en parler. L'isomorphisme au niveau du système de représentation augmente énormément la pertinence de la métaphore. Pour incorporer un changement de système de représentation dans la résolution de la métaphore, incluez ces changements dans la stratégie de raccordement c'est à dire dans la séquence où nous changeons de position satirienne. Bien qu'aucun système de représentation soit fondamentalement meilleur qu'un autre, certaines expériences de la vie appellent davantage un système particulier. 5.Employer les submodalitésLes submodalités permettent d'accroître la résolution des systèmes de représentation. La réduction en étendue perceptuelle peut provoquer l'établissement de situations dans lesquelles l'individu expérimente peu ou pas de choix dans ce qu' il ressent ou fait (c'est à dire un « problème »). Les submodalités et l'expérience.L'expérience opère au niveau des submodalités. Donc, si nous effectuons des changements à ce niveau, l'expérience va changer elle aussi. Les deux points principaux mis en valeurs jusqu'à présent sont que 1) les expériences (et donc les problèmes) sont isomorphiquement régénérés à partir d'expériences antérieures et que 2) celles-ci sont représentées au niveau des submodalités. L'équivalence dans les submodalités : la synesthésie.Les systèmes de représentations sont uniques et sont cependant la plupart du temps équivalents dans les distinctions perceptuelles qu'ils sont capables d'effectuer. En découvrant de quelle façon les submodalités des systèmes de représentation sont équivalentes et où elles se « recoupent », nous sommes en mesure de générer des stratégies de changement au niveau submodal et, nous l'avons vu, il s'agit du niveau auquel le changement se produit. Les submodalités s'interconnectent d'une autre façon (probablement plus fréquente) par le biais du cross-over. Il y a « cross-over » lorsqu'une submodalité appartenant à une certaine classe devient associée à une submodalité d'une autre classe. La « synesthésie » se réfère à la capacité de discriminations sensorielles relevant d'une modalité sensorielle d'évoquer des expériences perceptuelles relevant d'une autre modalité sensorielle. Les submodalités, la synesthésie et le changementUne « expérience » n'est pas une entité discrète et généralement définissable mais une « constellation » particulière à la personne de distinctions submodales. On emploiera également les submodalités pour aider une personne à changer sa représentation d'expériences précises, significatives et limitantes en choix. Il en résulte un nouveau système, ce qui signifie une nouvelle expérience et, en conséquence, une nouvelle émotion/comportement. Ce qui permet à des expériences isomorphes de se reproduire est l'identité entre les constellations de submodalités. Nous pouvons en une seule fois changer une histoire d'expériences insatisfaisantes (à choix limité) en intervenant simplement sur la constellation des submodalités qui la caractérise. Les changements intradimensionnelsIl s'agit des changements qui concernent les unités qualitatives des submodalités, par exmple : la forme, le motif, le timbre, le parfum. Les étapes de l'incorporation de changements de submodalités intradimensionnels dans une métaphore sont :
Les changements de synesthésie.Nous pouvons effectuer un changement de système de représentation, ou effectuer un cross-over de synesthésie. La sélection des submodalités pour lesquelles il faut effectuer un cross-over ainsi que des changements dimensionnels à effectuer est grandement fonction de votre expérience et de vos intuitions en tant que thérapeute et être humain. La stratégie de changements de synesthésie est :
Quand utiliser la synesthésie ?Une façon très utile d'employer les changements de synesthésie est de fournir à votre client une représentation élargie de son expérience en puisant dans d'autres systèmes sensoriels. Le signe syntaxique du « coinçage » est la conjonction, dite ou impliquée, « mais ».La tâche thérapeutique est de rendre séquentielles des expériences incompatibles qui se produisent simultanément de sorte que chaque représentation (expérience) soit libre de fonctionner puissamment et complètement lorsque cela est désiré ou requis. Un pattern constant des individus quant à leurs expériences polaires ou incompatibles est de les représenter dans des systèmes sensoriels différents. Donc les tâches de la thérapie sont (1) de rendre séquentielles les expériences incompatibles et (2) de leur fournir un moyen de communiquer pour qu'elles puissent rester séquentielles. Les patterns de synesthésie nous permettent d'accomplir ces deux tâches, et nous pouvons atteindre ce double objectif en mettant ces expériences dans le même système. 6. De quelles façons utiliser les métaphoresStratégies de narrationEvidente ou cachée ?Quand on utilise une métaphore thérapeutique il n'est pas absolument nécessaire de « minimiser » le fait qu'elle a l'intention d'être thérapeutique. Il n'y a aucun besoin que le client connaisse explicitement et/ou consciemment la pertinence de la métaphore puisque, si la métaphore est réellement isomorphe toutes les connexions et changements nécessaires vont se produire au niveau inconscient. Les métaphores cachées se présentent généralement sous la forme d'anecdotes à propos « d'autres » clients ou expériences. L'emploi des métaphores cachées implique que le thérapeute ait acquis la compétence nécessaire dans l'utilisation des contextes isomorphes et des patterns d'expériences décrits dans les chapitres 3,4 et 5. C'est cette compétence acquise du thérapeute et le tempérament du client qui détermineront la compréhension consciente ou inconsciente du client. Contes de fée ou anecdotes ?Les contraintes de l'anecdote excluent souvent que celle ci soit évidente. Un conte de fées bien raconté est aussi efficace qu'une histoire contemporaine. L'utilisation des anecdotes cachées est une opportunité en or de devenir flexible et créatif dans son choix de contextes et d'analogies dans ses métaphores. Milton Erickson est l'homme qui, peut être que tout autre, a maîtrisé l'art de la thérapie anecdotique. CitationsAvec les citations nous pouvons, dans le contexte des métaphores, faire dire à notre client par les personnages de l'histoire ce que je veux dire en tant que thérapeute. L'hypnoseLa narration et la transe peuvent fournir un processus thérapeutique puissant. La calibrationIl est important de calibrer le client au fur et à mesure que nous racontons la métaphore afin de l'adapter si nécessaire, en fonction des réactions du client. Les phantasmes guidésDans la construction et l'utilisation des métaphores, il est possible que le client fasse le travail. Ceci est alors un « phantasme guidé ». Une façon d'utiliser les métaphores qui s'apparente au phantasme guidé est de donner au client la responsabilité de résoudre une métaphore construite par le thérapeute. Ancres et déclencheurs.Les ancresLes ancres peuvent être utilisées intentionnellement pour augmenter l'efficacité des métaphores thérapeutiques. Les ancres peuvent alors renforcer la synesthésie, et l'utilisation de la désactivation d'ancres lors de la métaphore permet de désamorcer les ancres non voulues et qui contribuent à la création du problème. Les déclencheursUn déclencheur est l'événement environnemental lui même. Puisque pour faire face à un problème, nous pouvons changer l'environnement, alors une façon de changer cette situation est de faire en sorte que ce déclencheur déclenche une expérience différente. Empiler des réalités.Les réalités empilées se réfèrent aux expériences qui sont simultanément représentées à plus d'un niveau de signification. Dans sa forme la plus simple, il y a lorsque vous racontez une métaphore 1) la réalité de vous parlant à votre client dans votre cabinet, 2) la réalité de l'isomorphisme de l'histoire, 3)la réalité des déclarations directes(citations) à votre client et 4) la réalité de la représentation interne que se fait votre client des trois premières réalités. Le « langage des organes » (où les mots se réfèrent à nos organes) est particulièrement utile quand on raconte des métaphores conçues pour aider un client à résoudre un problème qui se manifeste sous la forme d'un désordre physiologique. Le marquage analogique (mettre une emphase sur un concept important cf chapitre2) est un autre outil qui permet d'empiler des réalités en plus de celles inhérentes à la métaphore. 7. Tout, en même temps, ensembleDans ce chapitre David Gordon, illustre les chapitres précédents au travers de deux métaphores, une anecdote et un conte de fées. AnnexeCette annexe qui traite de la recherche des submodalités aborde certains des travaux de recherches en cours, ou qui ont déjà été faits. Globalement, on retrouve ce que nous avons eu comme informations durant notre formation. P.S. Je veux préciser que David Gordon illustre son livre avec beaucoup d'exemples concrets que je n'ai pas pu reprendre dans cette fiche. |
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